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USA : un projet de loi cherche à bannir les services des intermédiaires qui utilisent le matériel de Huawei et ZTE

Au sein du gouvernement fédéral

Depuis des années, les équipementiers chinois Huawei et ZTE ont été dans la ligne de mire des autorités américaines, les deux sociétés sont soupçonnées d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois, et qu’elles auraient des liens avec le parti communiste au pouvoir.

En 2012, un comité de la chambre de renseignement des États-Unis avait ouvert une enquête sur l’implication de Huawei et ZTE dans une affaire d’espionnage. Les membres du comité avaient exprimé leur préoccupation à ce sujet dans une lettre envoyée aux dirigeants de Huawei. Ils y avaient souligné leurs craintes quant aux liens que pourrait avoir la société avec le gouvernement chinois et l’existence d’une cellule qui représente les autorités au sein de la firme. Suite à ce fait, la « House of Representatives Intelligence Committee » avait recommandé de ne pas autoriser Huawei et son compatriote ZTE à participer aux appels d’offres publics et privés, invoquant des raisons de sécurité et d’espionnage.

Ces accusations, Huawei les a rejetées en bloc, estimant qu’elles seraient purement politiques et gouvernementales. Pour le géant chinois (premier équipementier télécom dans le monde), la décision de bannir Huawei de plusieurs marchés, notamment publics, ne s’explique, pour le dirigeant, que par des raisons de protectionnisme et de xénophobie, selon les dires de Scott Sykes, vice-président en charge de relations médias internationales de Huawei.

Les difficultés de Huawei sur le marché américain continuent à resurgir en 2018. Après avoir vu AT&T sortir d’un accord de commercialisation de son premier smartphone aux États-Unis, une nouvelle loi a été proposée dans le Congress afin de bannir tout marché entre le gouvernement américain et les fournisseurs intermédiaires qui utilisent des équipements de Huawei ou de ZTE.

Cette nouvelle loi constitue un prolongement de la loi antérieure introduite en 2013, qui avait pour but de bannir la vente de matériel aux agences américaines par ZTE. Les choses pourraient désormais s’aggraver pour Huawei et ZTE, en effet, le nouveau projet de loi cherche à prévenir tout contact entre les équipementiers chinois et le gouvernement américain même en passant par la longue ligne d’intermédiaires et de fournisseurs de l’État américain.

Le projet de loi propose de bannir tout contact avec des intermédiaires tiers qui utilisent des équipements ou services de télécommunications produits par Huawei ou ZTE (ou leurs filiales). Il sera également prohibé de faire des affaires avec des entités dont l’équipement ou les services sont produits ou fournis sous couvert par une entité qui est contrôlée ou connectée à un gouvernement étranger.

Ce projet de loi est parrainé par le républicain Michael Conaway qui conduit aussi l’enquête sur l’interférence présumée de la Russie dans les élections présidentielles américaines. Conaway n’a pas daigné à citer les rapports antérieurs de l’administration américaine qui ont établi des liens entre Huawei et ZTE avec le parti communiste chinois. En plus, l’ancien directeur de la CIA avait accusé Huawei d’avoir partagé avec le gouvernement chinois des informations secrètes sur les systèmes de télécommunications étrangers sur lesquels ils ont travaillé.

Cette loi pour être votée, elle doit d’abord être approuvée par la “Committee on Oversight and Government Reform”, ensuite elle doit passer au Sénat pour enfin atterrir sur le bureau du président avant d’entrer en vigueur. Qu’elle soit votée ou non, cette loi représente une fois encore la méfiance grandissante du gouvernement américain vis-à-vis des deux géants chinois ZTE et Huawei.

La méfiance des autorités américaines ne concerne pas seulement les sociétés chinoises, en décembre, le président américain a promulgué une loi interdisant l’utilisation de produits de Kaspersky au sein du gouvernement fédéral, une décision survenue suite aux soupçons autour de l’éditeur russe qui aurait des liens avec le Kremlin. La société russe pour sa part a rejeté cette accusation et a décidé d’attaquer l’administration Trump devant la Cour fédérale américaine.

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