Smartphones : une simple pression du doigt pourrait bientôt suffire à réparer un écran fissuré

Pas de bol, votre nouveau Samsung Galaxy S8/S8+ vient de faire une violente chute sur le sol alors que vous êtes un peu court financièrement pour envisager des réparations dans l’immédiat. Qui dans ces conditions n’aimerait pas être un héros de séries Marvel pour posséder le pouvoir de redonner au smartphone son apparence « boutique » ? Tout cela pourrait bientôt faire partie d’un douloureux passé. Des chercheurs de l’université de Tokyo ont mis au point un nouveau verre polymère qui permettrait aux écrans de smartphones de s’autoréparer.

Le matériau miracle, le verre à base de polyéther-thiourées, a été découvert par Yu Yanagisawa, étudiant à l’université de Tokyo, lorsqu’il préparait une sorte de colle. Les matériaux capables d’exhiber de tels comportements existent certes déjà, mais requièrent d’être chauffés à 120 degrés, voire plus. La découverte de Yu Yanagisawa est unique en ceci que son verre se régénère grâce à une pression de doigt pendant 30 secondes, et ce, à température ambiante. Quelque deux heures plus tard, le verre retrouve toute sa robustesse d’origine.

Grâce à ses propriétés, le matériau vient rassembler deux aspects avec lesquels les chercheurs du domaine ont eu maille à partir jusqu’ici : robustesse de l’écran et capacité d’autoréparation. Dans les autres polymères en effet, les chaînes sont fortement soudées les unes aux autres ce qui constitue un gage de robustesse de l’écran, mais la diffusion moléculaire est très faible, ce qui empêche les liens entre les molécules de se reconstituer lorsque l’écran est cassé. La thiourée, en revanche, forme des liaisons en zigzag sans pour autant provoquer de cristallisation superflue.

La découverte de Yu Yanagisawa fait l’objet de publications dans de prestigieuses revues scientifiques. Le concerné même n’a pas manqué de multiplier les avis auprès de médias locaux dont NHK, la radio et télévision japonaise publique, au micro de laquelle il a déclaré : « J’espère que le verre réparable deviendra un nouveau matériau écologique qu’on pourra éviter de jeter une fois cassé ».

Ce n’est pas la première fois qu’un polymère est proposé par la communauté scientifique en guise d’écran autoréparable. Les travaux de Yu Yanagisa font suite à ceux de chercheurs à l’université de Californie qui ont élaboré un matériau capable de s’étirer jusqu’à 50 fois sa taille et réparer les fissures en l’espace de 24 heures. LG a pour sa part intégré au dos de ses smartphones G Flex 2 une substance capable de réparer de petites fissures en 2015. Noter enfin que du côté de Motorola, la recherche à ce sujet bat son plein. La firme a d’ailleurs publié un brevet y relatif en août dernier.

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