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Edward Snowden estime que Facebook est une société de surveillance

Qui se fait passer pour un réseau social

Le lanceur d’alerte Edward Snowden s’en est pris à Facebook dans un tweet publié récemment où il affirme que l’entreprise technologique américaine gagne de l’argent en monnayant les informations confidentielles de ses utilisateurs : « Facebook se fait de l’argent en exploitant et en vendant des détails intimes sur la vie privée de millions de personnes, bien au-delà des rares détails que vous publiez volontairement », a-t-il dénoncé.

Sa réaction fait suite à la suspension de Cambridge Analytica, une société d’analyse de données qui a travaillé pour la campagne du président Trump, du réseau social Facebook. D’après lui, « ce ne sont pas des victimes, ce sont des complices ».

En agissant de la sorte, la firme de Menlo Park voulait sanctionner Cambridge Analytica, ce dernier ayant été accusé d’avoir illégalement collecté et exploité les données de millions d’utilisateurs du réseau social de Facebook. Le professeur Kogan et Cambridge Analytica ne peuvent plus gérer les pages Facebook de leurs clients et acheter d’espaces publicitaires : « Nous avons suspendu Cambridge Analytica de notre plateforme pour une violation claire de nos politiques. Ils ne peuvent pas acheter d’annonces ni administrer les pages de leurs clients. »

Tout part d’une application, baptisée « thisisyourdigitallife », qui a été conçue par Aleksandr Kogan, un chercheur en psychologie de l’université de Cambridge. Cette appli se présentait sur Facebook comme une application utilisée par des psychologues à des fins académiques et proposait aux internautes de remplir des tests de personnalité. Malheureusement, elle collectait aussi, à l’insu de ses utilisateurs, les données privées de ces derniers et ces informations auraient été transmises à Cambridge Analytica.

Rappelons que Facebook offre un certain nombre d’outils technologiques pour les développeurs de logiciels, et l’un des plus populaires est Facebook Login, qui permet aux gens de simplement se connecter à un site Web ou une application en utilisant leur compte Facebook au lieu d’enregistrer de nouvelles informations. Et en 2015, l’entreprise permettait aux développeurs de recueillir des informations sur les réseaux d’amis de personnes qui ont utilisé Facebook Login.

Lorsque les utilisateurs utilisent Facebook Login, ils accordent au développeur de l’application une série d’informations provenant de leur profil Facebook, telles que leur nom, leur emplacement, leur adresse e-mail ou leur liste d’amis. En parallèle, même si un seul utilisateur a accepté de remettre ses données, les développeurs peuvent également accéder à certaines données sur leurs amis.

Quelque 270 000 personnes ont utilisé Facebook Login pour créer des comptes et ont ainsi choisi de partager leurs données personnelles avec Kogan. Mais finalement, grâce à ces 270 000 utilisateurs de base, Kogan a pu accéder aux données de quelque 50 millions d’utilisateurs de Facebook, selon le Times. Cette collecte de données aurait pu inclure des informations sur l’emplacement et les centres d’intérêt des utilisateurs, ainsi que des informations plus détaillées, telles que des photos, des mises à jour d’état et des enregistrements.

Les choses sont devenues problématiques lorsque Kogan a livré ces données à Cambridge Analytica. Facebook soutient que cela va à l’encontre des conditions d’utilisation de l’entreprise. Conformément à ces règles, les développeurs ne sont pas autorisés à « transférer les données que vous avez reçues de nous (y compris les données anonymes, agrégées ou dérivées) vers tout réseau publicitaire, courtier de données ou autre service de publicité ou de monétisation. »

« Les entreprises qui gagnent de l’argent en collectant et en vendant des dossiers détaillés sur leur vie privée étaient autrefois décrites comme des “sociétés de surveillance” », a déclaré Snowden. « Leur repositionnement en tant que “réseaux sociaux” est la tromperie la plus réussie depuis que le Département de la Guerre est devenu le Département de la Défense », a-t-il ajouté.

Cambridge Analytica, pour sa part, a démenti tout acte répréhensible, en publiant une déclaration selon laquelle l’entreprise « respecte pleinement » les conditions d’utilisation de Facebook.

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