D’anciens salariés de la Silicon Valley s’associent pour dénoncer les dangers des réseaux sociaux

Un mal qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer

De nombreux acteurs de l’industrie du numérique en général et des réseaux sociaux en particulier (Facebook, Twitter, WhatsApp, Instagram, SnapChat et autres) sont montés au créneau durant ces derniers mois pour dénoncer les dangers liés à l’utilisation des réseaux sociaux, notamment à leurs caractères intrinsèquement addictifs et manipulateurs.

Parmi ces personnalités, on peut citer Sean Parker qui a occupé le poste de président fondateur chez Facebook. D’après ce dernier, les réseaux sociaux devraient être considérés comme un système pervers qui exploite délibérément les vulnérabilités psychologiques de l’être humain afin d’emprisonner l’esprit de ses utilisateurs et d’assurer le succès rapide du service dont il fait la promotion.

Plus récemment, c’est le PDG de Salesforce, Marc Benioff, qui a exprimé ses inquiétudes face à la montée en puissance des réseaux sociaux, aux insuffisances juridiques qui encadrent leur fonctionnement et aux dangers qu’ils représentent pour la population. Pour Benioff, les réseaux sociaux devraient être réglementés en s’inspirant « exactement du même modèle qui a permis d’encadrer l’industrie de la cigarette ».

Faisant écho aux recommandations de ces grands chefs d’entreprises de l’industrie technologique, d’anciens employés de la Silicon Valley (de hauts cadres ou investisseurs pour la plupart) ayant notamment travaillé chez Google, Facebook et Mozilla ont fondé au début de ce mois une toute nouvelle association à but non lucratif baptisée Center for Human Technology. L’association devrait s’atteler à restreindre l’influence des grandes sociétés technologiques sur la société et mener des actions sur le terrain afin de sensibiliser le public aux méfaits (stress, anxiété, insomnie, perte d’estime de soi, dépression...) découlant d’une utilisation inappropriée et excessive des nouvelles technologies.

Les fondateurs du Center for Human Technology estiment en effet que la technologie devrait protéger la santé mentale du consommateur et l’intégrité de la société au lieu d’essayer de conditionner le public et d’éroder le tissu social. Ils envisagent de mener des activités de lobbying pour faire bouger les lignes plus rapidement et alerter l’opinion publique. Ils ont, par exemple, prévu de faire pression pour soutenir un projet de loi visant à étudier les effets de la technologie sur la santé des enfants. Ce dernier a été rédigé par le sénateur américain Ed Markey, l’auteur de la loi sur la protection et la protection de la vie privée des enfants, plus connue sous le nom de COPPA aux USA.

Ils ont lancé le mouvement « The Truth About Tech », une campagne de prévention calquée sur le modèle des actions antitabac et qui à terme devrait permettre de sensibiliser les parents, les enseignants et les plus jeunes aux dangers liés à une surexposition aux écrans. Cette opération dont le coût total a été estimé à sept millions USD devrait prioritairement cibler près de 55 000 écoles publiques aux États-Unis en tenant compte du fait que, comparés aux adultes, les enfants sont hautement vulnérables et beaucoup plus susceptibles de devenir accros aux écrans ou d’être conditionnés.

Center for Human Technology devrait également proposer des documents aux ingénieurs IT afin que ces derniers développent des produits plus respectueux de la santé mentale des consommateurs.

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